Moutier

Collégiale St-Germain

Collégiale St-Germain

Die Stiftskirche St-Germain hat heute die Form einer neoromanischen Basilika. Dem Gebäude aus weissem Kalkstein wurde im Verlauf seines 900-jährigen Bestehens mehrmals stark zugesetzt. Letztmals wurde es 1960 renoviert. Die Kirche wurde vermutlich erbaut als Kultstätte für Domherren, von daher der Name «Collégiale» (Stiftskirche). Nach der Reform zerfiel die Kultstätte. Sie wurde dann 1859 von der reformierte Kirche Moutier erworben und dient seither und bis heute als Pfarrkirche.

Baujahr | 1860 - 1863

Architekt |

Politische Gemeinde | Moutier

Kirchgemeinde | Moutier

Webseite Kirchgemeinde

Adresse | Rue St-Germain 12

Koordinaten | 47.280606, 7.371916

Google Maps | Swisstopo

Öffnungszeiten |
Lun-Dim 8h à 22h (Été), Lun-Dim 10h à 20h (Hiver)

La fondation de l’abbaye de Moutier-Grandval remonte à 640, une initiative du duc Gondoin d’Alsace. Il envoya le moine Germain, un disciple de Colomban, pour réaliser ce projet. Il s’agissait bien sûr de développer la foi chrétienne mais aussi de contrôler l’industrie sidérurgique qui se déployait dans la région.

Au retour d’une médiation avortée, Germain fut assassiné par des hommes de main du duc alsacien Eticho (675). Il fut déclaré saint et contribua au renom considérable du monastère durant le Moyen Âge. Le monastère abrita entre autres de grands savants comme Ison de St-Gall († 871).Après avoir adopté la règle de St-Benoît, la communauté de moines périclita et se mua en chapitre au XIe siècle. Ce sont les chanoines qui firent construire la collégiale St-Germain située sur l’esplanade (XIe-XIIe). On y transféra les reliques de saint Germain et ce lieu de culte rayonna jusqu’à la Réformation, acceptée par la population de Moutier en 1531. Les chanoines se réfugièrent à Delémont (1534) non sans emporter in extremis les reliques et la crosse de saint Germain ainsi que la fameuse bible de Moutier-Grandval (maintenant au British Museum, Londres).

La collégiale St-Germain tomba alors en ruine, victime de pillages, incendies et autres récupérations de matériaux de construction. La vie paroissiale se déroulait dorénavant au sein de l’ancienne église St-Pierre située plus bas dans le bourg. Ce n’est qu’après de multiples vicissitudes que la ruine et le bien-fonds de l’esplanade furent acquis par la famille Moschard lors d’une vente de biens nationaux par les révolutionnaires français (1798). En 1858, le pasteur Moschard fit don du bien-fonds à la paroisse réformée de Moutier à la condition de rebâtir un nouveau lieu de culte sur ce vénérable site.

On érigea donc un édifice sur le fondement des ruines, sans égards aux valeurs archéologiques encore existantes. Heureusement qu’Auguste Quiquerez, l’archéologue jurassien précurseur, fit à la hâte quelques relevés et clichés pour documenter ce qui allait être perdu. La construction fut rondement menée, si bien que l’on inaugura le nouveau temple en 1863. L’édifice arborait un nouveau clocher au sud-est. La vaste nef centrale (43 x 11m) bordée de 7 arcs, les bas-côtés larges de 4m chacun, le chœur en hémicycle flanqué de 2 absidioles rappelaient une disposition romane. Le tout était habillé d’un décorum néo-roman à la mode de l’époque et recouvert d’une épaisse couche de plâtre. Les services religieux réformés se déroulèrent dès lors dans ces nouveaux murs et l’ancienne église St-Pierre fut abandonnée et détruite en 1873.

L’heure d’une rénovation sonna en 1956 et permit de redécouvrir des piliers et arcs intacts de l’ancestrale collégiale. Les paroissiens furent invités à décrépir les structures originelles avec marteaux et burins. Les spécialistes du Canton et de la Confédération achevèrent d’accompagner la restauration respectueuse de ce haut lieu historique. Il s’avéra que « la démolition de 1859 n’avait été que partielle : … on avait fait disparaître l’enveloppe et sauvegardé des éléments intérieurs ». (2)

La restauration achevée en 1960-62 permit de redonner à l’édifice partiellement son allure originelle. L’artiste réputé Coghuf réalisa trois vitraux abstraits dans le chœur et le facteur d’orgue Kuhn SA de Männedorf installa un grand orgue électro-pneumatique à 3 claviers et 58 jeux.

Un dernier aménagement permit en 2000-02 de doter les fenêtres des bas-côtés de 15 vitraux réalisés par l’artiste Yves Voirol, un élève de Coghuf. J.-Ph. M. 13/12/2016

  • Guide artistique de la Suisse, Berne, Société d’histoire de l’art en Suisse, 2005-2012, Tome 4a, p. 132.
  • Kessi, Jean- Philippe: Collégiale St.-Germain, s.l., 1999.
  • Kessi, Jean- Philippe: Etude et documentation sur l’histoire de Moutier, ses monuments, ses trésors, s.l., s.d.
  • Dépliant d’information sur St. Germain, s.l., s.d., à disposition du public.
  • Quiquerez, Auguste: Eglises, Neuallschwil/Bâle: Editions Heuwinkel, 1983.
  • Rais A.: «Les fouilles archéologiques de la collégiale St. Germain de Moutier», dans: Rapport archéologique 1960/61.
  • Hoffmann, Mathieu et Stéphane Froidevaux : « Leur faire goûter à 14 siècles d’histoire », dans: Journal du Jura, 21 nov. 2016.
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